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Auto-écoles : les dates de dé-confinement enfin connues!

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Après six semaines de fermeture administrative en raison de l’épidémie de Covid-19, l’annonce des dates de reprise pour les leçons et les examens de conduite représente, pour beaucoup, une lumière au bout du tunnel. Cette reprise progressive se fera selon des modalités et des protocoles sanitaires qui seront validés d’ici la semaine prochaine. Voici ce que l’on sait à l’heure actuelle.

Une réouverture progressive selon les départements

L’information a été donnée hier (28 avril) par le Premier Ministre, Édouard Philippe, le dé-confinement et la reprise de l’activité économique se fera de manière différenciée selon les départements. Dans les départements les moins impactés par l’épidémie, les entreprises pourront redémarrer plus tôt, alors que celles situées dans les départements les plus touchés devront patienter encore un peu.

Les départements seront classés par couleur : les départements « verts » et les départements « rouges ». La carte des départements sera dévoilée le 30 avril par le Professeur Jérôme Salomon lors de son point presse journalier sur l’évolution de la pandémie.

Une réouverture des bureaux dès le 11 mai

Quelle que soit la zone (verte ou rouge), les écoles de conduite pourront rouvrir leurs bureaux à partir du lundi 11 mai. La reprise des leçons et des examens dépendra, elle, du département et de la catégorie de permis concernée.

La reprise des activités devra se faire, a minima, selon les règles de sécurité sanitaire éditées par le Haut Conseil de la Santé Publique. Les organisations professionnelles ont travaillé sur des protocoles sanitaires. L’UNIC a établi un « guide de sécurité sanitaire » avec la SOCOTEC, alors que le CNPA a rédigé un « protocole de reprise » validé par une infectiologue du CHU de Strasbourg. Ces documents ont été soumis pour validation aux Ministères concernés.

Une conférence téléphonique doit avoir lieu lundi 4 mai entre la DSR et les organisations professionnelle pour définir de manière précise les mesures sanitaires qui devront être prises par les écoles de conduite. Il semblerait que la séparation en plexiglas, entre l’élève conducteur et l’enseignant ou l’inspecteur, ne soit pas retenue, pour des questions de sécurité et d’efficacité (une telle paroi n’empêcherait en rien la propagation du virus).

IMPORTANT :
Les auto-écoles (comme toute entreprise) devront mettre en place et veiller à une stricte application des mesures de sécurité sanitaire retenues à l’issue de la réunion du 4 mai! En effet, la responsabilité légale de l’entreprise sera engagée en cas de transmission du virus d’un élève vers un de vos salariés (ou inversement). La démonstration que la contamination a eu lieu pendant une leçon de conduite s’annonce néanmoins assez compliquée à démontrer…

La reprise dans les départements « verts »

11 mai

Ouverture des bureaux au public, reprise des leçons de conduite et de toutes les activités pour toutes les catégories de permis. Reprise des examens de code

18 mai

Reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel. Pour les examens moto les durées seront modifiées : 12 minutes pour le plateau et 36 minutes pour la circulation.

1er juin

Reprise des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.

La reprise dans les départements « rouges »

11 mai

Ouverture des bureaux au public. Possibilité de dispenser des leçons moto et poids-lourds (uniquement), après accord du Préfet du département.

18 mai

Dans les départements où le Prefet a donné son accord, reprise des examens moto et PL. Les places seront attribuées uniquement par options sur Printel.

1er juin

Reprise des leçons et des examens B. La première semaine par options et à partir de la deuxième semaine retour à la méthode de population de référence.


Candidats libres: des taux de réussite toujours mauvais

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Taux de réussite candidats libres permis de conduire
La Sécurité routière a mis en ligne fin février son Bilan des examens du permis de conduire pour l’année 2018. Nous nous sommes intéressés, cette année encore, aux chiffres concernant les candidats libres. Si leur nombre a été multiplié par deux comparé à 2017, leur taux de réussite reste lui toujours inférieur de 10 à 15 points selon les départements.

Un nombre de candidats libre en augmentation

Le nombre de candidats libre ne cesse d’augmenter rapidement, depuis 2015. Ils sont passés de 3081 (en 2015) à 23 311 (en 2018). L’accélération est particulièrement forte au cours de cette dernière année puisque leur nombre augmente de 132,8% entre 2017 et 2018.

Leur nombre reste néanmoins limité comparé au total de candidats se présentant à l’examen pratique. En 2018, ils ne représentaient pas plus de 1,4% du nombre total de candidats. Par ailleurs, le phénomène touche principalement les grands centres urbains : Paris et les départements limitrophes (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Yvelines), le Rhône et la Seine-Maritime.

La plupart de ces candidats libres se présentent dans la catégorie B (95,8% d’entre eux), le reste se présentant en groupe lourd ou en moto (0,8%).

Des taux de réussite toujours très inférieurs à la moyenne

Le taux de réussite des candidats libres à l’examen pratique pour l’année 2018 s’élève à…. 44,9%. Ce taux de réussite est en très légère hausse par rapport à celui constaté en 2017 (42,1%). En revanche, il reste très inférieur :

  1. à la moyenne nationale, qui est de 58% (-13 points pour les candidats libres) ;
  2. à la moyenne pour les candidats en conduite accompagnée, qui est de 74,6% (-32,6 points pour les candidats libres) ;
  3. à la moyenne dans les départements où les candidats libres sont les plus nombreux. En Seine-Saint-Denis, par exemple, le taux de réussite moyen est de 62,4% (- 15,5 points pour les candidats libres).

Consultez le Bilan du permis de conduire 2018 en intégralité sur le site de la Sécurité routière.


[Fraude] SNICA-FO demande la re-nationalisation de l’examen du code

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Fraude code SNICA-FO renationalisation examen

En réaction au documentaire Envoyé spécial, diffusé sur France 2 le jeudi 26 mars, SNICA-FO, le premier syndicat d’IPCSR a publié un communiqué appelant à re-nationaliser l’examen du code de la route. PermisMag vous détaille la mesure proposée.

La DSR accusée de fermer les yeux

La fraude à l’examen du code est bien connue des inspecteurs et des professionnels de l’enseignement de la conduite. Des chiffres circulent, certains farfelus, mais tous s’entendent sur le fait que cette fraude est massive. Dans le reportage Envoyé Spécial, les journalistes interrogeaient un gérant de centre d’examen qui se vantait d’avoir vendu 1450 examens à lui tout seul. Il existe des dizaines de centres verreux, dont certains encore en activité.

Dans son communiqué, SNICA-FO accuse la DSR de laxisme sur le sujet : « L’Administration le sait : la fraude à l’examen du code de la route est hors de contrôle.

Pourtant, la DSR (délégation à la sécurité routière) continue d’essayer de vider la mer à la petite cuillère. Et si les résultats sont très médiocres au regard de l’ampleur du phénomène, cette lutte vouée à l’échec coûte extrêmement cher au contribuable. »

Des progrès ont été faits depuis le printemps 2024, avec une série de mesures imposées aux opérateurs. Deux opérateurs ont perdu leur agrément : France Code et Exacode. La fraude reste néanmoins à un niveau très élevé.

La solution : renationaliser l’examen ?

Pour SNICA-FO : « il existe pourtant une solution pour stopper ces fraudes à moindre coût : Renationaliser l’examen du code de la route. »

Le syndicat va même jusqu’à détailler les modalités de mises en place de la mesure. Il propose « d’offrir aux apprentis conducteurs des salles d’examen en mode « libre-service », exactement comme c’est le cas dans les organismes agréés, mais avec un accès gratuit et des contrôles assurés par des fonctionnaires. À quelques exceptions près, cela peut se faire à effectif constant. »

« Éradiquer la fraude »

Nous avons interrogé Philippe DESTARKEET, le secrétaire général de SNICA-FO, sur la faisabilité de la re-nationalisation de l’examen théorique. Selon lui, il n’y a pas de débat sur ce point : « l’administration dispose de centaines de locaux qui permettraient d’accueillir ces examens. Quant aux personnels chargés de faire passer l’examen, il y a plus de fonctionnaires chargés de lutter contre la fraude qu’il n’y en avait pour faire passer l’examen il y a 10 ans. » Il estime que la re-nationalisation de l’examen « nécessiterait que peu de recrutements. »

Selon lui, SNICA-FO ne souhaite pas nécessairement revenir à l’ancien modèle d’examens collectifs organisés en préfectures à horaires fixes : « On pourrait s’inspirer de ce qui se pratique : une réservation de place sur des créneaux en libre service mais des examens gérés par des fonctionnaires. L’État garantit ainsi la validité de l’examen. » La re-nationalisation de l’examen théorique étant, selon Philippe DESTARKEET, « la seule solution pour éradiquer la fraude. »


La FFMC manifeste le 6 avril contre les ZFE

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FFMC manifestation 6 avril 2025

La Fédération Française des Motards en Colère appelle à une mobilisation nationale des motards et de tous les usagers de la route contre les ZFE, le dimanche 6 avril 2025, en association avec le collectif « Les #Gueux » et le soutien de nombreux maires et élus partout en France.

Des ZFE de plus en plus nombreuses

Depuis le 1er janvier 2025, 25 métropoles françaises sont soumises à des ZFE, toutes différentes les unes des autres, empêchant leur accès à plus de 12 millions de Français propriétaires d’un véhicule classé Crit’Air 3 ou plus.

Avec des règles et des calendriers différents selon les villes, il est compliqué pour les conducteurs de s’y retrouver. Les usagers ne savent plus où ils peuvent circuler, ce qui complique leurs déplacements et génère un sentiment d’arbitraire.

Une mesure injuste selon la FFMC

Dans un contexte où chacun est conscient des enjeux écologiques et de santé publique, cette mesure reste antisociale car elle fait porter de façon injuste la responsabilité de la pollution sur les plus défavorisés. N’ayant pas les moyens d’acheter un véhicule récent, ils se retrouvent exclus de certaines zones urbaines. Ce qui limite ainsi leur accès à l’emploi, aux services et aux loisirs faute de solutions alternatives et d’accès aux transports en commun.

Les professionnels qui dépendent de leur véhicule pour travailler (artisans, commerçants, livreurs…) sont également pénalisés. Les ZFE entraînent des coûts supplémentaires (remplacement de véhicule, amendes…) qui fragilisent leur activité.

Une mesure contestée depuis longtemps

Les motards, mobilisés contre les ZFE depuis plus de 14 ans, dénoncent la mise en place de cette politique publique, au dépend d’une grande partie de la population.

« On purifie l’air des riches en chassant les pauvres », dit Alexandre Jardin, écrivain, cinéaste, lanceur d’alerte et initiateur du collectif « Les #Gueux ».


ECF élue « Marque préférée des Français » dans la catégorie Auto-école

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ECF marque préférée des Français

ECF vient d’être élue « Marque préférée des Français » dans la catégorie « auto-écoles » : une récompense décernée à l’issue d’une étude réalisée par l’institut de sondage Opinion Way en mars 2025. L’annonce a été faite à l’occasion du rallye-échange qui se tenait en début de semaine à Charenton-le-Pont (94).

Pour Patrick Mirouse, Président du Groupe ECF, « recevoir le titre de Marque Préférée des Français dans ce secteur en pleine transformation est un vrai motif de fierté pour le réseau ECF ! En effet, nous avons su évoluer vers un modèle original qui repose sur deux piliers essentiels : un ancrage local de proximité, et une digitalisation des méthodes d’apprentissage et du parcours clients. Cette spécificité nous permet de répondre de façon optimale aux attentes de nos élèves et les accompagner à chaque étape de leur apprentissage avec efficacité ».

ECF est arrivée sur la 1ère place du podium en obtenant le plus grand nombre de « J’aime » après une étude réalisée du 5 au 7 mars 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1259 personnes de la population française de 18 ans et plus, dans la catégorie « auto-écoles ».

La question posée était la suivante : « Parmi ces marques de centres d’auto-école, quelles sont celles que vous aimez ? ». ECF a récolté 32% des votes favorables, suivi par CER Réseau (13%), Ornikar (11%), En Voiture Simone (10%), City’Zen (6%), Lepermislibre (5%), Stych (4%), Cheelo (3%), La Navette (2%) et INRI’S (2%).

ECF forme chaque année quelques 250 000 personnes à la mobilité, dans les 450 agences que compte le réseau en France. En 2024, ECF a réalisé un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros, tous adhérents confondus. Le groupe emploie aujourd’hui 4000 collaborateurs sur tout le territoire.


Le permis de conduire numérique généralisé dans l’Union européenne en 2030

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permis numerique UE 2030

Le 25 mars 2025, le Parlement européen et les 27 États membres de l’Union européenne ont adopté une mesure visant à harmoniser les sanctions en cas d’infractions graves au code de la route. Dorénavant, les interdictions ou restrictions de conduite prononcées dans un État membre s’appliqueront également dans le pays de délivrance du permis, étendant ainsi la portée des sanctions à l’ensemble de l’UE. Cette décision vise à combler les lacunes qui permettaient auparavant à certains conducteurs de continuer à conduire dans leur pays d’origine malgré une interdiction à l’étranger.

Vers une harmonisation des critères de suspension du permis

Matteo Ricci, député européen en charge du dossier, a souligné que cette harmonisation des critères de suspension du permis pour infractions graves protège non seulement les conducteurs responsables, mais aussi l’ensemble des usagers de la route. Actuellement, une suspension de permis dans un pays de l’UE n’est effective que dans ce pays, permettant au conducteur sanctionné de conduire ailleurs. Avec cette nouvelle réglementation, le pays ayant délivré le permis devra appliquer l’interdiction sur tout le territoire de l’Union.

Introduction du permis de conduire numérique d’ici 2030

Par ailleurs, un accord a été trouvé pour introduire un permis de conduire numérique dans toute l’UE d’ici fin 2030. Accessible via téléphone portable, ce permis dématérialisé aura la même valeur que le permis physique, offrant une alternative moderne et pratique aux conducteurs. Les usagers auront toujours la possibilité de demander un permis physique s’ils le souhaitent.

Flexibilité dans l’évaluation médicale des conducteurs

Les discussions préalables portaient également sur l’instauration d’une visite médicale obligatoire pour l’obtention du permis. Finalement, l’accord prévoit que les États membres pourront choisir entre un examen médical formel ou un dépistage basé sur une autoévaluation du conducteur. Cette flexibilité permet aux pays de l’UE d’adapter la procédure en fonction de leurs propres politiques de santé publique et de sécurité routière.

Implications pour les professionnels de l’enseignement de la conduite

Pour les professionnels de l’enseignement de la conduite, ces évolutions réglementaires impliquent une mise à jour des programmes de formation. Il sera essentiel d’informer les futurs conducteurs sur la portée accrue des sanctions en cas d’infractions graves et sur l’arrivée prochaine du permis numérique.

L’intégration de ces informations dans les cours théoriques et pratiques contribuera à sensibiliser les élèves à l’importance d’une conduite responsable et aux conséquences potentielles de leurs actes sur l’ensemble du territoire européen.​

Renforcement de la sécurité routière à l’échelle continentale

L’Union européenne franchit donc une étape significative vers une harmonisation des règles de conduite et des sanctions associées, renforçant ainsi la sécurité routière à l’échelle continentale.

Les professionnels de la conduite ont un rôle clé à jouer dans la transmission de ces nouvelles normes et dans la préparation des conducteurs à un environnement routier en constante évolution.​


Une proposition pour encadrer l’usage des véhicules « sans permis »

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Proposition Permis AM 10 heures

Le 14 mars 2025, une proposition de résolution visant à encadrer l’usage des véhicules « sans permis » accessibles dès 14 ans a été déposée à l’Assemblée nationale. Portée par une soixantaine d’élus Rassemblement national, elle comporte 4 mesures.

Renforcer la sécurité routière par un meilleur encadrement

Depuis 2013, le permis AM autorise les jeunes dès 14 ans à conduire des quadricycles légers à moteur. Les auteurs de la proposition de résolution estiment que la formation au permis AM, dans sa forme actuelle est insuffisante (8 heures de formation, sans examen final). En comparaison, le permis B exige au minimum 13 à 20 heures de conduite, assorties d’un examen final. Cette formation limitée est préoccupante, car ces véhicules circulent dans des environnements variés aux conditions de circulation complexes.

Ils notent que l’inexpérience des jeunes conducteurs conduit à des comportements inadaptés face aux situations d’urgence, augmentant le risque d’accidents graves. Par exemple, les occupants de voiturettes sont six fois plus susceptibles d’être gravement blessés que ceux des voitures traditionnelles. En 2023, 116 adolescents âgés de 14 à 17 ans ont perdu la vie sur les routes, soit une augmentation notable par rapport aux années précédentes.

Pour illustrer leur propos, les auteurs de la proposition de loi prennent pour exemple l’accident survenu le 8 janvier 2025 à Avion (Pas-de-Calais), où un mineur de 14 ans conduisant une voiturette a gravement blessé un nourrisson de 8 mois. Ils considèrent qu’il y a urgence à renforcer la réglementation pour éviter une recrudescence des accidents, similaire à celle observée avec les trottinettes électriques.

Les quatre mesures proposées

La proposition de résolution n°1117 comporte quatre mesures :  

1. Renforcer la formation conditionnant la délivrance du permis AM en allongeant la durée obligatoire à 10 heures, contre 8 heures actuellement, avec lajout dune épreuve pratique et théorique validante et éliminatoire pour garantir un niveau minimal de compétence avant de circuler sur la voie publique ;

2. Mettre en place une période probatoire pour les conducteurs de véhicules « sans permis » ;

3. Encadrer la vente de véhicules « sans permis » aux mineurs, en imposant lautorisation expresse dun représentant légal et une obligation de retrait en concession en présence dun adulte, afin d’éviter les achats non encadrés ;

4. Renforcer les contrôles sur lapplication de ces mesures et engager une évaluation annuelle des accidents impliquant des véhicules « sans permis », en vue dadapter la réglementation si nécessaire.

Que penser de ces mesures ?

Cette proposition de résolution vise à renforcer la formation et le contrôle des jeunes conducteurs de voiturettes, afin de concilier mobilité et sécurité routière.​ Les professionnels de la sécurité routière ne peuvent que s’en réjouir.

Petit bémol cependant, chaque année ce sont entre 100 000 et 120 000 formations au permis AM qui sont dispensées. Rallonger la formation de 2 heures nécessiterai de produire 200 à 250 000 leçons supplémentaires par an, à l’échelle nationale… dans un contexte de pénurie.

Par ailleurs, les heures dédiées aux formations AM (scooter et quadricycle) n’étant pas comptabilisées dans les calculs d’ETP, les auto-écoles proposant des formations au permis AM « rallongées » seraient inévitablement pénalisées.

Cette proposition de résolution émane du groupe Rassemblement national, rien n’indique à ce stade qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour et mise au vote.


Refonte de l’arrêté de 2009 : quelles conséquences sur les écoles de conduite ?

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Refonte arrêté du 22 décembre 2009

Nous évoquions le sujet en fin d’année dernière. La DSR a demandé aux organisations professionnelles de réfléchir à une refonte de l’arrêté de 2001, ainsi qu’à celle de l’arrêté du 22 décembre 2009 relatif à l’apprentissage de la conduite. Nous avons eu accès à un document de travail qui fait la synthèse des modifications envisagées.

Pour mieux en analyser les impacts, PermisMag a réalisé un sondage auprès des 12 000 écoles de conduite en activité. Les réponses à ce sondage ont fait l’objet d’une restitution. PermisMag vous présente les mesures envisagées et les conséquences à prévoir si ces dernières étaient adoptées.

Augmenter l’offre de place et réduire les délais

Pour répondre aux demandes des candidats et des écoles de conduite, la DSR cherche à augmenter le nombre de places d’examens pratiques et à réduire les délais de présentation. Pour ce faire, plusieurs options sont sur la table :

  1. Recruter davantage d’IPCSR et d’examinateurs. Ce sont 100 IPCSR supplémentaires qui ont été recrutés entre 2023 et 2025… soit 0,33 IPCSR / an / département. Sur ce point, les marges de manœuvre de la DSR sont très fortement entravées par des contraintes financières.
  2. Améliorer le taux de réussite. Il s’agit d’une mesure défendue de longue date par les syndicats d’inspecteurs (notamment SNICA-FO) et qui fait l’objet d’un assez large consensus dans la profession. Une piste envisagée pour y parvenir est d’allonger les formations pratiques.

Fin février 2025, Patrice Bessone (Président national de Mobilians ESR) proposait dans un entretien à Nice Matin de passer à 28 heures le volume minimal des formations : « Il faut passer à 28 heures de cours. Ça fait 34 ans qu’on a instauré les fameuses 20 heures obligatoires, sans les toucher, or la route n’est plus la même. C’est quand même fou que l’on demande 28 heures aux élèves en conduite accompagnée (24 heures de pratique et 4 heures de théorie) alors qu’ils font 3.000km avec leurs parents et qu’on demande 20 heures aux autres avant de les lâcher seuls au volant. C’est le paradoxe français. »

Selon trois sources que nous avons interrogées, cette proposition a été écartée par la Déléguée interministérielle Florence Guillaume car le sujet est « très sensible politiquement ». En effet, comment justifier cette augmentation auprès du grand public alors que le Président Macron s’est toujours présenté en défenseur du « permis moins cher » ?

Dès lors, la seule solution pour augmenter le taux de réussite consiste à mieux encadrer et à « densifier » les formations pratiques.

Davantage de conduite effective

Deux articles de l’arrêté du 22 décembre 2009 sont concernés par la refonte : l’article 4 (qui concerne l’AAC) et l’article 9 (qui concerne les formations classiques). S’ils étaient adoptés dans leur version modifiée, ces articles prévoient que les leçons pratiques ne puissent se faire uniquement au volant :

  • d’un véhicule terrestre à moteur ;
  • d’un simulateur d’apprentissage de la conduite.

Cela exclut de fait les cours de théorie de la pratique, proposés notamment par les auto-écoles en ligne. Nous y reviendrons.

Le volume minimum d’heures de formation est inchangé, mais la formulation fait l’objet de plus de précisions. Ainsi, les candidats devront effectuer :

Volume minimum de formation Volume maximal sur simulateur Volume maximal sur piste privée Volume minimum sur voie ouverte à la circulation
Boîte manuelle 20 heures 5 heures 5 heures 10 heures
Boîte automatique 13 heures 3 heures 3 heures 7 heures

Comme c’est déjà le cas actuellement, ces volumes minimum d’heures ne s’appliquent pas aux titulaires d’un permis de conduire d’une autre catégorie (hors AM), ni aux titulaires d’un permis étranger.

Quelles auto-écoles seront impactées ?

Ces mesures risquent de concerner trois types d’acteurs, à différents degrés.

Les auto-écoles en ligne et hybrides

Que ce soit Ornikar, En Voiture Simone ou Stych, ces acteurs ont inclus dans leurs formations des cours de théorie de la pratique, sous la forme de vidéos. Par exemple, au lieu de conduire 20 leçons de 60 minutes en voiture, l’élève effectue 20 leçons de 45 minutes au volant, et visionne 20 vidéos de 15 minutes. Cette obligation de réaliser le volume minimal d’heures effectives au volant obligera ces acteurs soit à allonger leurs formations (uniquement pour les élèves présentés en dessous du minimum d’heures effectives), soit à investir dans des simulateurs de conduite.

Les auto-écoles proposant la conduite duo

Il s’agit d’une pratique apparue il y a quelques années et mise en place par un peu moins de 20% des écoles de conduite. Deux élèves se relaient pendant une leçon d’1h30 (45 min. au volant et 45 min. d’écoute pédagogique). Cette leçon est facturée au prix d’une heure à chaque élève.

Un élève qui prend un pack de 20 cours (15 cours de conduite + 5 cours sur simulateur) passera 11h25 au volant (15×45 min.), complétées par 11h25 d’écoute pédagogique et 5h de simulateur. Cela représente 16h25 de conduite au volant.

Pour respecter la nouvelle réglementation, ces auto-écoles devront passer leur forfait en boîte manuelle de 20 leçons à 27 leçons (27×45 min = 20h25). Certaines d’entre elles n’ont pas attendu pour le faire !

Les auto-écoles proposant des leçons inférieures à 60 minutes

Selon notre sondage, seules 30% des écoles de conduite proposent des leçons de 60 minutes effectives. Elles sont 9% à proposer des leçons de 45 min., 20% à proposer des leçons de 50 min. et un peu moins de 40% à proposer des leçons de 55 min.

Prenons l’exemple d’une auto-école qui propose des leçons de 50 minutes. L’élève qui fait 20 leçons en circulation sur voie ouverte passera 1 000 minutes au volant, soit 16,67 heures. Pour respecter la réglementation l’auto-école devra passer ses forfaits à 24 leçons (1 200 minutes). La DGCCRF sera attentive à ce point. C’est notamment pour cette raison que les auto-écoles doivent désormais préciser la durée des leçons (en minutes) dans le nouveau contrat-type.

Enfin, cela risque de poser des problèmes d’un point de vue pratique. Si seules les heures de conduite « au volant » comptent, à quel moment l’enseignant pourra-t-il faire le bilan de la leçon et remplir le livret numérique ? Pendant que l’élève roule (dangereux et contre-productif) ou à l’arrêt en fin de leçon (auquel cas ce temps ne pourra pas être considéré comme « au volant ») ? Comment gérer les quelques minutes entre chaque leçons dédiées au changement d’élève et à l’installation au poste de conduite ? Les vérifications intérieures-extérieures seront-elles considérées comme du temps « au volant » ? La réglementation a du bon, l’excès de réglementation est souvent contre-productive.

Quels impacts à attendre ?

Faute d’avoir des données fiables et de pouvoir anticiper les réactions des différents acteurs, il est compliqué de mesurer avec précision l’impact de cette réforme. Cependant, nous pouvons nous attendre à certaines réactions en chaine.

Augmentation significative du nombre de leçons à produire

Les auto-écoles en ligne devront inclure entre 4 et 7 leçons supplémentaires dans leurs forfaits de base. Cela les obligera à augmenter le prix de leurs forfaits et rendra leurs prix d’appel moins attractifs (Ornikar propose en ce moment un forfait Code + 20 leçons à 639,99€, NDLR).

Certaines auto-écoles qui pratiquent la conduite duo devront augmenter leurs forfaits de 7 leçons. Enfin, les auto-écoles qui proposent des cours de conduite inférieurs à 60 min. devront augmenter leurs forfaits de 3 à 4 leçons… ou passer aux 60 minutes effectives (ce qui, comme on l’a vu, est quasiment impossible d’un point de vue pratique).

Cela se traduira également par une augmentation significative du nombre de leçons pratiques à produire. C’est l’objectif même de la réforme.

Cette augmentation est difficile à quantifier, nous ne nous y risquerons pas. Elle concernera de fait l’ensemble des élèves qui étaient présentés avec moins de 13 heures ou 20 heures effectives au volant. Les élèves ayant déjà un permis d’une autre catégorie (AM notamment et sachant déjà conduire), certains élèves en AAC ayant des facilités, etc…

Aggraver la pénurie d’enseignants de la conduite

Cette augmentation du nombre de leçons à produire interviendra dans un contexte déjà tendu sur le marché de l’emploi des enseignants de la conduite et aggravera la pénurie de main-d’œuvre. Ce phénomène est bien détaillé dans un rapport de l’ANFA de juillet 2022 intitulé Enseignement de la conduite, des tensions sur l’emploi (p. 16). Ce rapport pointe des difficultés de recrutement « entre mars 2020 et octobre 2021, […] 1 800 postes n’ont d’ailleurs pas été pourvus » et une baisse du nombre d’enseignants formés « le nombre de candidats admis au titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière (TP ECSR) diminue chaque année. Alors qu’ils étaient 2 200 certifiés en 2017, ils ne sont plus que 1 200 en 2020. »

Une pénurie portée par la démographie. En effet, selon ce même rapport qui cite une étude de l’INSEE, le nombre de 16-24 ans devrait continuer à croître au moins jusqu’en 2033.

La pénurie, décrite dans le rapport de 2022, n’a pas disparue en 2025. Afin d’augmenter les financements alloués aux formations TP ECSR, l’Unidec appelait encore début mars ses adhérents à poster des offres d’emploi sur France Travail.

Une diminution des marges ?

Dans ce contexte, les écoles de conduite devront se livrer à une concurrence accrue pour attirer et conserver leurs enseignants. Cela se traduira par une augmentation des salaires et par une diminution des marges sur chaque leçon dispensée (à tarifs constants).

Pour conserver leurs marges, les écoles de conduite devront soit continuer à augmenter leurs tarifs, soit avoir un recours accru aux simulateurs de conduite. Aujourd’hui, seules 1/3 des écoles de conduite sont équipées de simulateurs.

Une augmentation généralisée des tarifs irait contre l’objectif (irréaliste!) du gouvernement de faire baisser le prix du permis. Elle poussera les élèves les plus précaires à se tourner vers les solutions en ligne low cost. Un recours accru au simulateur serait bénéfique pour les écoles de conduite (qui pourraient augmenter leurs marges tout en cumulant des ETP) mais il n’aura pas d’effet positif sur les taux de réussite. Sauf à affirmer que d’un point de vue pédagogique une leçon sur simulateur équivaut à une leçon en circulation…

Qu’en penser ?

Dix ans après la loi Macron de 2015, l’enseignement de la conduite continue d’être en perpétuelle évolution. La refonte des arrêtés de 2001 et de 2009 aura des conséquences sur la profession dans les mois et les années à venir.

Ces réformes se font en concertation avec la profession – ce qui est positif – mais sans aucune étude d’impact. Faute de données chiffrées et d’analyse sérieuse, rien ne garantit que les réformes proposées atteignent leurs objectifs et qu’elles n’aggravent pas la situation.

Que se passera-t-il si 10% des candidats au permis doivent effectuer 3 heures de plus ? Et si 20% des candidats doivent effectuer 5 heures de plus ? Quelles seront les conséquences en termes d’emploi ? Quel sera l’impact réel sur les taux de réussite et sur les places d’examen ? Quel sera l’impact social d’une telle réforme ?

Personne n’a la réponse ! Les plus touchés seront les élèves des zones rurales (50% des candidats habitent dans des villes de moins de 20 000 habitants). C’est là que vivent les candidats qui passent le permis AM à 14 ans, ces mêmes élèves qui sont aujourd’hui en mesure d’obtenir le permis avec moins de 13h ou 20h effectives au volant. Cette réforme les obligera à payer 3-5 heures supplémentaires et viendra renchérir le coût du permis. On peut se demander si le Ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le Premier Ministre François Bayrou – qui se posait en janvier comme un défenseur du pouvoir d’achat – ont validé ce projet de réforme porté par la DSR ?

On peut également s’interroger également sur la pertinence d’une telle réforme d’un point de vue plus philosophique. Le fait de « graver dans le marbre » que les leçons pratiques ne peuvent se faire que dans certaines conditions définies par arrêté va nécessairement brider l’innovation. Il y a 3 ans, de nouveaux acteurs proposaient la mise en place de lunettes de réalité virtuelle dans les auto-écoles. Cette initiative n’a pas eue de suite. Une innovation de ce type qui émergerait dans les années à venir serait tuée dans l’œuf par cet arrêté.

Enfin, d’un point de vue légal, la refonte envisagée pose question dans la mesure où elle ne prévoit pas de période de transition. Il existe en droit civil un principe de non rétroactivité. Le million d’élèves actuellement en cours de formation ont signé un contrat de formation prévoyant un certain volume d’heures. Comment les écoles de conduite feront-elles pour modifier ces contrats en cas de désaccord de l’élève ? Par ailleurs, selon le contrat-type – revu et amendé par la DGCCRF en novembre 2024 – l’écoute pédagogique fait partie de la formation pratique. Si l’arrêté de 2009 venait à être modifié, ce contrat-type devra à nouveau être modifié…

L’arrêté n’a pas encore été publié, il n’est pas trop tard pour mener une étude d’impact sérieuse et réfléchir, avec la profession, à des solutions alternatives !


[Sondage] L’enseignement de la conduite en 2025 : quelles pratiques ?

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Sondage PermisMag - formation pratique à la conduite 2025

PermisMag a réalisé, le 28 février 2025, un sondage auprès des 12 000 écoles de conduite en activité en France. Ce sondage portait sur leurs pratiques de l’enseignement de la conduite. Formations en boîte automatique, recours au simulateur de conduite, mise en place de la conduite duo… ses résultats permettent de faire un état des lieux des pratique en ce début d’année 2025 et de constater une évolution des tendances. Nous vous restituons ici les résultats du sondage.

Le panel et les répondants

Le sondage a été réalisé entre le 28 février et le 12 mars 2025 auprès des 11 784 gérants et salariés d’auto-école abonnés à PermisMag. Nous avons recueilli 487 réponses, ce qui représente 4,1% des écoles de conduite et un peu plus de 5% des exploitants.

Les répondants sont répartis géographiquement de manière relativement homogène. Ils sont situés dans l’ensemble des départements français (à l’exception de Mayotte et de la Martinique).

Les gérants ayant répondu ont des auto-écoles de toutes tailles. La plus petite présente 30 candidats par an, alors que la plus grosse en présente plusieurs dizaines de milliers (un acteur en ligne). Elles comptent entre 1 et 500 ETP.

En cumulé, les répondants ont déclaré présenter 144 000 candidats par an et employer 2320 enseignants de la conduite. Cela représente respectivement près de 10% des examens réalisés l’an dernier (1 550 000 examens) et un une proportion équivalente des enseignants de la conduite (environ 25 000 enseignants).

Progression continuer des formations sur boîte automatique

Ce n’est pas une surprise, la proportion de formations sur boîte automatique continuent à progresser. À la question « Dispensez vous des cours pratiques sur boîte automatique ? », ce sont 81% des auto-écoles qui ont répondu par l’affirmative, contre 19% qui ne proposent que des leçons sur boîte manuelle.

Parmi les auto-écoles qui proposent la boîte automatique, une majorité déclare que ces formations représentent entre 10% et 30% de leurs formations (cf. graphique). Certaines rares auto-écoles (2%) ont opté pour des formations initiales uniquement sur boîte automatique (100% de leurs élèves).

En moyenne, les répondants déclarent que 25% de leurs candidats optent pour la boîte automatique en premier choix. Une tendance à la hausse puisque le Bilan 2023 de la sécurité routière faisait état de 13% d’examen en boîte automatique. Une progression qui s’explique notamment par la suppression du délai de 3 mois pour effectuer la passerelle BEA vers B, une suppression intervenue au 1er mars 2024.

Un tiers des auto-écoles équipées de simulateurs

Un peu moins de 33% des auto-écoles interrogées déclarent dispenser des cours sur simulateur de conduite. Une proportion en hausse qui s’explique probablement par le fait que les simulateurs compte désormais dans les calculs d’ETP utilisés pour l’attribution des places d’examen. Cela signifie aussi que les 2/3 des écoles de conduite ne sont pas équipées…

La conduite duo et l’écoute pédagogique gagnent du terrain

Ce sont 20% des gérants d’auto-écoles ayant répondu au sondage qui ont déclaré avoir recours à la conduite duo ou aux leçons pratiques collectives (un terme qui peut recouper différentes réalités : écoute collective, voyage-école, cours de théorie de la pratique en salle, etc…).

Une proportion qui semble élevée mais qu’il est difficile d’analyser, faut de données antérieures.

Les cours pratiques hors-circulation

Il s’agit d’auto-écoles dispensant des cours de conduite pratique (B) sur piste privée. Il s’agit principalement de grosses structures capable d’investir dans ce type d’infrastructures. Sans surprise, ces auto-écoles sont rares. Le chiffre de 8% nous semble quelque peu élevé, certains répondants ayant probablement confondu les catégories A et B dans leur réponse.

Théorie de la pratique : des chiffres incohérents ?

Un peu moins d’un tiers des écoles de conduite ont déclarer dispenser des cours de théorie de la pratique (28%). Ces chiffres semblent incohérents avec ceux qui nous ont été communiqués par les principaux éditeurs…

La question portait sur la mise en place de cours collectifs en salle, ou le recours à des produits numériques (exemple : PrépaConduite) dédiés à la théorie de la pratique. Ils ne concernaient pas les explications fournies par les enseignants pendant les leçons pratiques.

Durée des leçons

La question de la durée des cours pratiques est celle qui a donné les résultats les plus variés (cf. graphique ci-dessous). Cette question est particulièrement intéressante si l’on considère le projet de refonte de l’arrêté de 2009. Un grand nombre d’écoles de conduite seront amenées sur ce point.


[Manque de places] Les auto-écoles du 92 appellent à manifester le 10 mars

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Manifestation auto-écoles Hauts-de-Seine Préfecture 92

Les auto-écoles des Hauts-de-Seine (92) sont appelées à manifester lundi 10 mars à 10h devant la préfecture de Nanterre pour demander « une amélioration urgente du système d’attribution des places au permis de conduire » et l’affectation de 7 IPCSR supplémentaires dans le département. La manifestation est organisée par les responsables départementaux de Mobilians et de l’Unidec, réunis en intersyndicale.

Un manque chronique de places depuis un an

Le manque de places d’examen est un sujet récurrent. Nous y avons consacré pas moins de quatre articles en 2024. L’an dernier – à peu près à la même époque – les auto-écoles appelaient déjà à manifester. La situation ne s’est pas fondamentalement améliorée et dans certains départements, la pénurie se fait toujours ressentir.

Le département des Hauts-de-Seine (92) semble particulièrement impacté. Les coefficients y sont inférieurs à 4, de manière récurrente.

Coefficients (dépt. 92) 2024 2025
Janvier 4,6 4,1
Février 3,5 3,3
Mars 3,7 3,6
Avril 3,2
Mai 3,2
Juin 3,4
Juillet 3
Août 2,3
Septembre 2,3
Octobre 3
Novembre 4,1
Décembre 3,6

 

« Lors de la mise en place de RDVPermis, on nous avait promis 5 places par ETP, l’an dernier notre coefficient moyen était de 3,3 places par ETP », déplore Ibraima Kouyate (responsable de l’Unidec pour le 92). Le résultat : des délais de présentation qui s’allongent, des élèves mécontents et des conflits à gérer au sein des agences.

Sept inspecteurs supplémentaires nécessaires

La grève et la manifestation ne font pas partie des habitudes des exploitants d’auto-écoles. Selon I. Kouyate, « nous n’avons manifesté que quatre fois en 25 ans dans les Hauts-de-Seine et la dernière fois c’était en 2018. Aujourd’hui, il est à nouveau nécessaire de se mobiliser ».

Les auto-écoles demandent le recrutement de 7 inspecteurs supplémentaires pour remplacer les 7 départs et/ou mutations intervenues au printemps 2024. On voit en effet, un « décrochage » dans les coefficients à partir du mois de mars 2024. « On ne demande pas la lune, on souhaite juste pouvoir travailler sereinement et présenter nos élèves dans des délais raisonnables ».

Un appel aux auto-écoles du département

Dans un email envoyé aux écoles de conduite du département, I. Kouyate (Unidec) et M. Khaif (Mobilans) appellent les quelques 200 établissements du département et leurs 1 000 véhicules-école à se rassembler devant la préfecture de Nanterre lundi prochain, 10 mars à 10 heures. La mobilisation a fait l’objet d’une déclaration en préfecture.

Pour les organisateurs, le maître-mot de cette manifestation est la solidarité entre exploitants « Seul, on subit. Ensemble, on agit ».

Leur objectif est de se faire entendre et d’obtenir 7 inspecteurs supplémentaires. « En 2018, nous avions été entendus et une deuxième déléguée avait été nommé dans le 92 [c’est également le cas dans d’autres départements franciliens, NDLR] » ajoute Ibraima Kouyate.


Organismes de formation : la Caisse des Dépôts annonce une vague de contrôles

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Controles organismes de formation CPF Caisse des Dépôts

La Caisse des Dépôts, en collaboration avec le ministère du Travail, a annoncé le lancement d’une vaste campagne d’évaluation de la qualité des formations éligibles au Compte personnel de formation (CPF). Prévue pour démarrer en mars 2025, cette initiative vise à renforcer la transparence et la fiabilité des formations proposées aux bénéficiaires du CPF. PermisMag vous en dit plus sur la forme que prendront ces contrôles et l’impact attendu pour les écoles de conduite

Objectifs et cadre légal de l’évaluation

Les contrôles annoncés par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) s’inscrivent dans le cadre des articles L.6316-3 et R.6316-6 et suivants du Code du travail et ont pour but d’assurer la qualité des formations en analysant divers critères. L’évaluation repose sur 17 critères répartis en trois axes principaux. Ces critères sont détaillés dans un document fourni par la CDC. Ils concernent :

  • Qualité de l’action de formation : analyse du contenu, des ressources pédagogiques et de l’expertise des formateurs.
  • Conditions de mise en place par l’organisme : gestion administrative, logistique et accompagnement des stagiaires.
  • Adéquation avec le projet professionnel des bénéficiaires : impact et finalité de la formation.

Modalités des contrôles

Deux types d’audits sont prévus :

  • Contrôles standards (1er niveau) : évaluation à distance d’un échantillon représentatif de formations réalisées sur les trois dernières années. Un organisme doit obtenir au moins 75 % des indicateurs validés pour une validation avec réserves et 85 % pour une validation sans réserve. La grille d’audit et les indicateurs n’ont pas été communiqués par la CDC.
  • Contrôles exhaustifs (2e niveau) : déclenchés en cas d’anomalies détectées ou sur signalement. Ils comprennent une vérification sur site et des entretiens avec les parties prenantes.

Déroulement des audits

Le processus de contrôle est confié aux cabinets Ernst & Young et Sauléa, sélectionnés suite à un appel d’offre. Près de 1 000 contrôles seront effectués chaque année.

Pour les organismes de formation qui auront été identifiés pour la première vague d’audit, ils recevront :

    1. un mailing d’information dans la semaine du 3 mars ;
    2. puis un courrier d’ouverture du contrôle dans la semaine du 10 mars ;
    3. les premiers audits débuteront à compter de la semaine du 17 mars.

Les organismes sélectionnés recevront une notification par e-mail et par courrier recommandé. Ils disposeront de 10 jours pour fournir les documents demandés. Un rapport de contrôle sera ensuite transmis, assorti de recommandations pédagogiques ou de sanctions graduées en fonction des manquements constatés.

Une vigilance accrue face aux fraudes

Avec cette nouvelle vague de contrôles, la Caisse des Dépôts entend renforcer la qualité et la fiabilité des formations accessibles via le CPF, garantissant ainsi aux bénéficiaires des parcours plus sécurisés et pertinents. Ces contrôles qui concernent les Organismes de formation (OF) viennent en complément des contrôles déjà menés par la Caisse des Dépôts sur des dossiers individuels.

Des contrôles suffisants et efficaces ?

La mise en place de ces contrôles est positive, dans la mesure où elle permettra de lutter contre certains abus. Elle soulève néanmoins un certain nombre de questions.

Le nombre d’OF contrôlés sera (très) limité

Selon la liste mise à jour par la DGEFP, il existe à ce jour un peu plus de 139 000 organismes de formation (disposant d’un NDA), dont 3% sont des écoles de conduite. La mise en place de contrôles portant sur 1 000 OF par an risque d’être insuffisante dans la mesure où seuls 0,7% des OF seront contrôlés chaque année.

Les écoles de conduite ciblées

Les écoles de conduite risquent d’être particulièrement ciblées car elle représente une part importante des formations financées. Selon les chiffres publiés par la CDC pour l’année 2024, sur les 1 491 341 formations financées, un tiers concernaient le permis de conduire :

  • 315 856 formations financées pour la catégorie B (21,2%)
  • 138 058 formations financées pour la catégorie A2 (9,3%)

Des contrôles efficaces ?

Pour être efficaces, ces contrôles devront prendre en compte les spécificités du secteur de l’enseignement de la conduite, secteur parmi les plus réglementé. Ils devront s’attacher à contrôler les auto-écoles qui :

  • acceptent le CPF des parents pour financer le permis des enfants ;
  • font passer des formations au permis A2 alors que le candidat dispose déjà d’un premier permis ;
  • sur-facturent les formations CPF au-delà du raisonnable (et de la charge de travail supplémentaire que ces formations impliquent).

Ils devront également trancher la question de l’incompatibilité entre le contrat-type et les CGV de Mon compte Formation, qui place de facto toutes les auto-écoles proposant des formations financées avec le CPF dans une position délicate.

L’absence d’interlocuteur

L’ensemble des acteurs que nous avons interrogés accueillent favorablement ces contrôles. Ils devraient permettre de mettre un terme à certaines pratiques frauduleuses et d’avoir un effet dissuasif pour ceux qui seraient tentés de frauder.

En revanche, tous déplorent l’absence d’interlocuteurs identifiés lors des contrôles réalisés sur des dossiers de candidats. Pour Christelle Coppin, présidente de Mobilians ESR pour l’Île-de-France : « la Caisse des Dépôts nous demande de fournir un nombre important de justificatifs dans les 5 jours et 2 mois plus tard, nous n’avons pas de retour sur le dossier contrôlé… et nous ne sommes toujours pas payés ». Une demande qui semble légitime…


Le Ministère retire l’agrément de France Code

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Par arrêté du 14 février 2025 paru au Journal Officiel du 18 février 2025, la Déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Florence Guillaume, a retiré l’agrément de France Code et sa qualité d’organisateur de l’épreuve théorique générale du permis de conduire.

Non respect du cahier des charges

Selon l’arrêté, il est, entre autres, reproché à cet organisme « la méconnaissance grave par France Code du cahier des charges tel que prévu par l’article L. 221-7 du Code de la route ». De plus, « l’expertise du système installé par France Code fait apparaître des vulnérabilités portant atteinte à la confidentialité et à l’intégrité des données sensibles du système d’information, conduisant au risque de compromission du système ».

Une réaction bien tardive

Comme souvent, le Ministère de l’Intérieur (et la DSR en particulier) réagissent avec plusieurs mois (voir années) de retard. Cette même DSR qui a décidé de prendre au sérieux la fraude à l’examen du code de la route… en 2024, semble découvrir en ce début d’année que certains opérateurs ne respectent pas le cahier des charges qu’elle a elle-même rédigé.

Nous évoquions déjà le non-respect de ce cahier des charges dans un article du mois d’août 2022.  Alertée par les articles de presse quasi quotidiens sur la fraude au code, la DSR semble enfin réagir. Un nouveau cahier des charge devrait être rédigé en 2025, à l’occasion du renouvellement des agréments des opérateurs historiques…